Bioéthique : Actualité législative

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Dans sa sagesse, notre langue française – ce n’est pas le cas chez les Anglo-Saxons par exemple – nous enseigne à utiliser les verbes naître et mourir à la voix passive, car leurs sujets ne font que subir l’action qu’ils expriment. Cet usage grammatical constant exprime bien le principe, ancré depuis des siècles dans notre culture, que notre vie ne dépend pas de notre vouloir, que nous n’en sommes pas les maîtres.

Notre société qui tend à sacraliser les droits individuels cherche à s’octroyer la maîtrise de la vie, refusant de se voir imposer quoi que ce soit.

Les différentes dérives des lois « bioéthiques » illustrent ce cheminement qui aboutit au projet de loi actuel sur le « Droit à l’aide à mourir ».

Déjà, le glissement sémantique et les campagnes intensives dans les média ont été voulus pour « préparer les esprits », c’est-à-dire enfumer les bonnes âmes. Croire ensuite que des garde-fous juridiques pourraient encadrer la pratique de cette « aide médicale à mourir » et de ce « suicide « assisté » relève d’une inconscience ou d’une illusion dangereuse. Les soi-disant limites fixées aujourd’hui sont les transgressions de demain. Le permis légal de tuer aura pour conséquence, s’il n’a pas déjà pour objet, de brouiller, pour la déplacer subrepticement, la frontière entre le soin et l’homicide de sang-froid. Le respect de l’interdit de tuer est le seul rempart contre cette infamie.

Qui, n’est pas inquiet des conséquences pratiques du texte discuté ?

Quel impact sur la paix des familles confrontées au suicide assisté ou à l’euthanasie d’un proche ?

Qui, affecté d’une maladie grave, et à ce titre déclaré « éligible » suivant les termes de la loi, s’en ira confiant vers l’hôpital ? Qui ne s’interrogera pas : « Va-t-on réellement tout mettre en œuvre pour me soigner ou cédera-t-on à la tentation de me pousser vers la sortie ? Ne suis-je pas devenu inutile ou trop coûteux à soigner ? Problèmes logistiques, pressions économiques et difficultés de financement pris en compte, ne serai-je pas traité comme une automobile d’un modèle ancien au kilométrage élevé ? » Ce seront les plus faibles et les plus fragiles physiquement et psychologiquement qui seront les premières victimes.

Pour nous chrétiens, la vie nous vient de Dieu et il n’existe pas de droit à mourir. Comme nous le rappelle la CEF : « Toute vie est un don pour ce monde. » – Déclaration du 9 décembre 2022 au sujet de l’inscription du droit à l’avortement dans la constitution.

« Ma vie nul ne la prend mais c’est moi qui la donne. » –  Jn 10, 18

Le Seigneur qui nous a créés nous le rappelle par la bouche de son prophète : « Toutes les vies m’appartiennent. » – Ez 18, 4

Et le psalmiste le reconnaît : « C’est toi qui as créé mes reins, qui m’as tissé dans le sein de ma mère. » – Ps 138, 13

Et Saint Paul de s’écrier : « Est-ce que je suis Dieu, maître de la vie et de la mort ? » – 2 R 5,7

Le malade a besoin d’un soin et d’un accompagnement qui lui rendent le plus humain possible ce moment si difficile de l’approche de la mort, soulignait Mgr Vincenzo Paglia, lorsqu’il était président de l’Académie pontificale pour la vie, et il dénonçait un « abandon thérapeutique ».

« On ne prend pas soin de la vie en donnant la mort ».

– Conférence des Évêques de France – 15 janvier 2026

Le Pape François nous a invités à « prendre de la distance face à une culture du rejet qui propose seulement des itinéraires de la mort, pensant éliminer la souffrance en supprimant ceux qui en souffrent ».

Le 14 janvier, à l’approche de l’examen par le Sénat du projet de loi sur la fin de vie, le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France a publié une tribune dans laquelle nous sommes appelés à une réflexion profonde sur le sens du soin, de la solidarité et de la dignité humaine. Vous pouvez retrouver l’intégralité de ce texte sur :

Nous devons rester compatissants et respectueux devant la souffrance, humbles et sans jugement. Nous avons être bienveillants et présents auprès des personnes en fin de vie : « Ajouter de la vie aux jours quand on ne peut plus ajouter de jours à la vie ». – Jean Bernard.

Mais ne nous laissons pas manipuler ; ne nous laissons pas émouvoir par une pitié de mauvais aloi. Tout être humain est appelé à une relation intime avec son Créateur qui lui confère sa dignité. Nous ne pouvons en aucun cas – non possumus – cautionner une loi qui ne respecte pas ce lien sacré.

La question est grave, vaste et délicate, cruciale, et nous impose le devoir de nous informer, de nous instruire, de réfléchir, de prier pour que l’Esprit Saint nous guide dans notre discernement.

« La vie humaine, toute vie humaine, porte en elle une sorte de transcendance concrète. Elle est constituée par des éléments biologiques, mais elle ne se réduit pas à ces éléments : elle est porteuse et révélatrice « d’un être d’esprit », d’une réalité spirituelle qui nous dépasse. Pour comprendre ce phénomène, il suffit d’être témoin d’une naissance et de voir une femme devenir mère, un homme devenir père, en prenant dans ses bras l’enfant qui vient de naître. Et il suffit aussi d’apercevoir, sur le visage d’une personne apparemment inconsciente, une larme couler, un sourire s’esquisser.

La vie humaine, toute vie humaine, porte en elle un mystère, non pas une énigme à déchiffrer, mais un mystère, c’est-à-dire une réalité non mesurable qui se révèle à ceux qui veulent bien regarder et voir au-delà des apparences immédiates. » – Mgr Claude Dagens, Evêque d’Angoulême – 29 juin 2012

Que le Saint-Esprit instruise également nos cœur devant ce grand mystère de la Vie.

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