L'édito par André Garnier

Voilà, c’est fait : sur la sollicitation de deux éminents représentants du sanctuaire, l’assemblée générale de Notre-Dame des Ailes a validé l’idée de placer notre association sous la protection de la Vierge Noire de Rocamadour, sainte patronne des marins et des pêcheurs, et devenue au fil de développements récents sainte patronne des navigateurs.

Manquions-nous donc des Saints Patrons dans l’aéronautique ? Notre-Dame de Lorette et Saint Joseph de Cupertino veillaient déjà sur nous…

Notre-Dame de Lorette : selon la légende, la maison où l’ange Gabriel apporta l’annonce à Marie, où vécut la Sainte Famille et où Jésus a grandi et fut éduqué, fut soustraite aux Turcs à la fin du 13eme siècle par une troupe d’anges. Ceux-ci, après quelques tâtonnements, déposèrent la construction à son emplacement actuel, autour duquel un sanctuaire fut érigé. Cette translation par la voie des airs ouvrait bien évidemment le chemin au décret de Benoît XV qui fit de Notre-Dame de Lorette la sainte patronne des aviateurs en 1920.

Je retiens qu’évidemment, bien des esprits rationnels se sont émus de cette histoire fort étrange – et cependant, l’archéologie atteste que cette maison présente quand même toutes les caractéristiques de l’originale, jusqu’au mortier qui assemble les pierres…

Saint Joseph de Cupertino (1) : je me demande parfois si le choix de ce saint pour les aviateurs ne relève pas du canular ou, du moins, d’une bonne mise en garde de l’Eglise vis-à-vis des aviateurs ! Car enfin, voici un saint qui fut un parangon d’humilité : rejeté par sa mère, par les institutions à la porte desquelles il frappait, d’un niveau intellectuel notoirement très faible ; et pourtant choisi par Dieu pour vivre des extases mystiques qui l’ont amené à s’élever dans les airs à de nombreuses reprises, attestées par des témoignages, et qui lui ont valu une popularité extrêmement suspecte dans l’Eglise.

Belle figure ! Car enfin, dans l’aéronautique en général et les aviateurs en particulier, on trouve quand même beaucoup d’individus assez contents d’eux, tant il est vrai que le chemin pour y arriver n’est pas toujours facile, mais le résultat tellement exaltant pour l’intéressé et fascinant pour les foules. Il est vrai aussi qu’il fallait bien être un peu cinglé pour faire voler, qui un ballon, qui un planeur, qui un parachute, qui un tas de ferraille fumant et rugissant. Quelles limites à cette folie ?

Saint Joseph a peut-être inspiré ce retour en grâce de l’humilité dans l’aéronautique, en particulier chez les pilotes. On a vu en particulier chez Air France, à l’analyse de quelques déboires, débarquer le merveilleux concept de KISS : « keep it simple, stupid” (faut-il une traduction ?) ! On a affûté les concepts de gestion de ressource équipage, qui impliquent notamment une totale maîtrise des egos démesurés et un esprit de service certain.

Bel exemple de ténacité aussi chez Saint Joseph, dans son désir de rallier une communauté et servir au plus près son Seigneur. Et j’en croise, des navigants (enfin… surtout des pilotes), qui se sont jetés dans l’aventure sans grands moyens, les yeux rivés sur l’étoile, pour réaliser leur rêve, et ont « bouffé de la vache enragée » !

Je ne peux résister au plaisir de relayer au passage quelques paroles de sagesse de Saint Joseph de Cupertino (du site de la conférence des évêques de France) :

« Les hommes manquent. Dieu ne manque jamais. »

« Je suis content partout, car je trouve Dieu partout. »

« Ce n’est pas en paradis que se fabriquent les saints. C’est sur terre. »

Tellement limpide !

Et maintenant, la Vierge noire de Rocamadour ! Pourquoi la Vierge noire de Rocamadour ? Parce qu’elle est entre autres la patronne des marins et des pêcheurs – oui, oui, même si Rocamadour est notoirement loin de la mer, on lui attribue de nombreux miracles en mer. Des marins et des pêcheurs, il n’y a pas loin pour élargir aux « navigateurs », et donc… à l’aéronautique ! Et voilà comment l’association fut démarchée.

J’ai fait jadis un tout petit peu de bateau à mes moments perdus, mais je n’ai jamais raffolé de la haute mer. En cas de panne (à moteur) ou de « pétole » (à voile : absence de vent), on commence à mesurer l’hostilité du milieu, loin de la salvatrice terre ferme. Ce n’est pas pour rien que les marins, jadis, ne ressentaient pas toujours le besoin d’apprendre à nager : quitte à passer par dessus bord, autant s’épargner d’inutiles souffrances avant l’inéluctable noyade (ou la mort par hypothermie) ! Un peu comme les premiers aviateurs avant la généralisation du parachute…

Dans les armées, j’ai bien senti la « logique de milieu » qui séparait les trois armées (bien exacerbée par les contraintes budgétaires…), façonnées par des épopées et des traditions parfois séculaires. La taquinerie et la méfiance étaient de règle, la bienveillance l’exception… Dommage 

Il faut quand même rendre aux marins qu’ils n’ont pas été en reste quant à s’intéresser aux choses de l’air : la Marine a très vite compris l’intérêt des dirigeables, des hydravions, et de l’aviation embarquée quand elle a été possible. Un aviateur de la marine est-il d’abord un marin ou un aviateur ? Il cumule en tout cas, lui, d’évoluer dans deux milieux hostiles !

Bon, alors, que faisons-nous d’une patronne des navigateurs ?

Eh bien, nous avons au moins en commun avec les marins, comme nous l’avons vu plus haut, d’évoluer dans un milieu hostile. Lorsque nous larguons les amarres ou lâchons les freins, nous commençons à courir des risques – certes de plus en plus maitrisés, mais… Concevoir froidement que ce que nous sommes en train de faire, faire voguer un bateau ou voler un avion, ressortit un peu au miracle, que nous sommes à la merci d’une fortune de mer ou d’un événement aérien ; se rendre compte aussi que cette aventure a quelque chose d’un peu inouï, qu’elle nous ouvre des horizons que ne contempleront peut-être jamais les communs des mortels ; tout cela devrait nous inspirer crainte, respect et amour : s’en remettre en toute confiance entre les mains du Créateur et rendre gloire pour son œuvre. Et bien sûr, qui mieux que Marie a largué les amarres avec autant de confiance, pour un objectif aussi magnifique (bien que voilé d’un très grand mystère), semé d’autant d’embûches et pour un résultat aussi édifiant qu’avec son « Fiat » ?

Oui, on doit pouvoir partager avec nos frères marins pareille protection. Notre-Dame des Ailes, Notre-Dame de Lorette et Saint-Joseph de Cupertino ne sauraient être jaloux !

(1) je m’inspire d’un article du Diocèse aux armées https://dioceseauxarmees.fr/saint-du-jour/18/09/saint-joseph-de-cupertino/ très détaillé. On n’en attendait pas tant en français sur un saint italien !

Au Calendrier Liturgique

PENTECOTE
24 mai : Dimanche de la Pentecôte

 

«  Le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit » – Jn 14, 26

Le jour de la Pentecôte, l’esprit de Dieu, promis par Jésus descend sur la maison où sont réunis les disciples ; évènement décisif par lequel l’Église est définitivement établie : baptisés dans l’Esprit, nous vivons désormais en Dieu, par Lui, avec Lui et en Lui…

Pour que ton règne vienne !

Je crois, Jésus, que Tu reviendras dans la gloire et que ton règne n’aura pas de fin.

Dans un commentaire de Jn 14, 19-26, le Père Jean-Baptiste Masson  nous explique que ton Royaume, Seigneur, doit tout changer, mais que si ton invitation à y entrer s’adresse à tous, son avènement passera par l’accueil personnel que chacun d’entre nous Te réservera dans son cœur : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure. »

Ton royaume est présent en chacun d’entre nous, prêt à être stimulé par l’Esprit que Tu nous envoies.

Je le sais, Seigneur, sans Toi je ne peux rien faire, mais Tu attends de moi que j’accepte de faire le premier pas avec Toi pour ensuite « passer à la vitesse supérieure ».

Tu frappes à ma porte et tu n’attends qu’une chose, Tu ne désires qu’une chose : que je t’ouvre… et Tu feras chez moi ta demeure.

Accepter que quelqu’un entre dans notre vie n’est pas sans incertitude ; l’interrogation et le doute font hésiter, tergiverser…

Donne-moi, Seigneur, par ton Esprit-Saint, le désir de T’accueillir et la force de Te dire oui.

William Holman Hunt, La lumière du monde, 1853-1854, Keble College, Oxford. domaine public

On a fait remarquer à l’auteur que la porte ne comportait pas de poignée à l’extérieur. Le peintre a expliqué qu’il n’y en avait pas besoin, le Christ frappe à notre porte et attend qu’elle Lui soit ouverte de l’intérieur !

La végétation devant la porte laisse penser que celle-ci est restée fermée depuis longtemps.

 

Lundi de Pentecôte : Fête de Marie Mère de l’Église

 

Ce titre remonte à l’époque de l’Antiquité, mais n’a été officiellement proclamé qu’en 1964 par le pape Paul VI dans l’encyclique Lumen Gentium : Marie est la mère de tout le peuple de Dieu, aussi bien des fidèles que des pasteurs.

« Contrairement aux disciples, Marie n’a jamais quitté son Fils Jésus sur le chemin de la Croix : là, Jésus confie à sa Mère le « disciple bien-aimé » (et vice versa). Marie affronte ce moment avec une grande dignité, elle ne fuit pas devant les événements de la vie, mais elle se « tient debout ». Marie est invitée par son Fils à dire un nouveau « Me voici », un nouveau « oui », plus convaincu et plus mûr. « Se tenir sous la croix » mûrit son expérience de foi et de maternité, la rendant capable d’aller plus loin.

Au fond, dès le début, le cœur de Marie était rempli de questions : « Elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. » (Lc 1, 29). Également devant Siméon, des questions surgirent en elle : « cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction – et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – : ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. » (Lc 2, 34-35) : Marie et Joseph « s’étonnaient de ce qui était dit de lui » (Lc 2, 33).

Le « Me voici » de Marie n’est pas une fois pour toutes, mais il grandit, mûrit à travers les événements de la vie, y compris ceux de la « Croix », où Marie « se tient » . Ici, dans cette fidélité accomplie, Marie reçoit une nouvelle mission, une sorte de « supplément » de maternité, au point de devenir « Mère de l’Église ». Mère, parce qu’elle nous régénère dans la grâce, afin que nous apprenions à grandir dans la stature du Christ (cf. Ep 4, 7-13).

De même que Marie a su se « tenir » sous la Croix, sans éviter ni fuir la difficulté de comprendre et de souffrir, de même Marie, Mère, saura se « tenir » aux côtés de chacun de ceux dont son Fils a fait ses enfants. Cela nous incite à savoir l’invoquer comme « Mère de l’Église ».

www.vaticannews.va

 

 

Une Minute avec Marie!

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