L'édito d'Alain Garnier, président NDA

charpentier

Juillet 2022

 L’atelier de l’ébéniste semblait bien désœuvré depuis quelques mois. En allant au marché ce matin-là, nous remarquons en vitrine une table, sobre et belle, qui nous tape dans l’œil. Nous prenons contact, et nous organisons le rendez-vous.
Eh oui, l’atelier fermait : l’heure de la retraite avait sonné. Les machines à bois avaient commencé à migrer vers leurs nouveaux propriétaires, ou le hangar dans lequel notre artisan allait poursuivre son activité – pour son plaisir uniquement. Le stock restant était bien mince, les murs jadis couverts de planches, d’étagères, d’outils étaient nus, de cette nudité grise et sans âme des locaux industriels désaffectés.
Notre homme avait commencé dans les usines de Pechiney, dans la vallée. Quand l’heure des premiers plans sociaux a sonné, il a négocié sa reconversion comme ébéniste, compagnon du Tour de France. Son chef d’œuvre ? Une coiffeuse en forme de papillon, pas très sobre pour le coup, mais très astucieuse, magnifiquement réalisée, qu’il a offerte à sa mère…
L’atelier avait connu de forts beaux jours : un plan de charge à base de cuisines pour équiper les nombreux logements de la station alors en plein essor, une boutique qui vendait entre autres des jouets en bois… Notre homme ouvre un petit tiroir où se trouvent encore une foultitude de lettres, prêtes à être collées pour écrire un prénom. L’atelier ne sera pas repris : trop cher, trop de tracas. Une page se tourne : c’est un bar, un de plus, qui reprend les locaux. Le cœur se serre un peu.
Une petite famille a vécu là, qui n’a pas ménagé sa peine, accrochée à son village de montagne. Un atelier d’ébéniste, ça sent la Sainte Famille, le goût de la matière travaillée et façonnée pour fabriquer des objets un peu uniques, avec une âme, qui mettront, en sus de leur utilité intrinsèque, un soupçon de beauté, fut-elle bien naïve, dans un intérieur. Mais maintenant, il y a Ikea…
Un bar : le lieu de la convivialité contemporaine par excellence ? Ou un lieu de futilité et d’oisiveté ? Un lieu de socialisation pour tous les esseulés de nos villes et de nos villages ? Le Christ aurait-il pu être tenancier de bistrot ?
Que nous disent ces « petits » métiers dont on vit de plus en plus mal et qui se raréfient, et ces lieux de « rencontre » qui se multiplient et font florès ? Faut-il y voir une « industrialisation » qui fait de l’acte créateur une aventure tellement collective que chacun ne travaille plus que sur un infime morceau du puzzle ? Que cette aventure professionnelle manque tellement de sens qu’il faut au plus vite retrouver ses semblables autour d’un pot pour se sentir à nouveau humain ?
Le sens, voilà bien la question. Pour un « gilet jaune », pas de question : la bataille est quotidienne pour faire bouillir la marmite. Et depuis que les vieilles centrales syndicales ont fait faillite à offrir un avenir radieux, chacun ne compte plus ou presque que sur soi et ses intimes. Pour les bobos, la civilisation des loisirs : s’abrutir dans le divertissement au sens pascalien du terme. Soutenir la dernière cause « tendance » plutôt que réfléchir. Et au plus haut sommet, constater que les projets collectifs ont volé en éclats. Tenir les morceaux, faire tourner la machine économique tant bien que mal au jour le jour, cacher la misère avec des « avancées sociétales » qui servent de diviseurs. Le désarroi monte… Et les menaces s’accumulent.
« Nous sommes privés de roi, car nous n’avons pas craint le Seigneur.Et si nous avions un roi, que pourrait-il faire pour nous ? » 

Seigneur, nous T’avons sorti de nos perspectives. Tu n’étais plus indispensable à nos sociétés positivistes. Mais sans Toi, nous ne tournons pas rond. Nous n’avons qu’une seule issue dans ce bas monde, collectivement et individuellement, et c’est Toi. Il est urgent que nous Te remettions au coeur du projet, ou plutôt, il est urgent que Tu nous donnes la Grâce de nous rappeler que Tu es, collectivement et individuellement, le seul projet qui vaille…
« Faites des semailles de justice,
récoltez une moisson de fidélité, défrichez vos terres en friche. Il est temps de chercher le Seigneur,
jusqu’à ce qu’il vienne répandre sur vous une pluie de justice. » 

André Garnier Président de NDA

André Garnier

Au calendrier liturgique cet été

 

6 août : la Transfiguration
« Pendant qu’il priait, l’aspect de son visage devint autre, et son vêtement devint d’une blancheur éblouissante. » (Lc 9, 29)
La lumière de la Transfiguration vient illuminer le projet insensé de Dieu pour racheter l’humanité pécheresse : envoyer son fils pour effacer sur la Croix la faute d’Adam et celles de tous les hommes par la suite. Projet stupéfiant, de l’Incarnation à l’Ascension en passant par la Croix et la Résurrection.
Depuis qu’il a été banni de l’Éden, l’homme n’a plus vu Dieu : « Tu ne pourras pas voir mon visage, car un être humain ne peut pas me voir et rester en vie. » (Ex 33,20)
Aujourd’hui, sur le Mont Tabor, Pierre, Jacques et Jean voient Jésus, le Dieu-fait-Homme, dans la lumière de la Gloire de son Père qui révèle son identité divine et vient le justifier dans sa mission :
« Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le ! » et confirmer sa place dans l’histoire du salut en invitant Moïse et Élie.
La Transfiguration annonce aussi la montée vers Jérusalem, vers la Croix du Calvaire : Jésus s’entretient avec Moïse et Élie « apparus dans la gloire [qui] parlaient de son départ qui allait s’accomplir à Jérusalem ». Elle annonce la Passion.
Elle annonce également aux trois apôtres ce qui doit arriver bientôt, le sort réservé à ceux qui auront suivi le Christ : « Je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres » (Jn 8,12). Elle préfigure ce qui adviendra quand ils seront eux-mêmes transfigurés dans l’Eden retrouvé, la Jérusalem nouvelle : dans l’éclatante lumière de sa gloire, « Ils verront sa face, et son nom sera sur leur front. » (Ap 22,4). Elle annonce la Rédemption.

 

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Nous venons d'être informés par Bernard Bajard, frère de Jean (92 ans, atteint de la maladie d'Alzheimer) de la mort de l'épouse de celui-ci, Anne Marie (86 ans) à l'Epahd Catherine Labouré (Paris XIIe) samedi dernier 6 août, jour de la fête de la Transfiguration du Seigneur. Jean, Général ER et ancien président de Notre-Dame des Ailes avant le général Jean Michel, peine à réaliser mais sait pouvoir compter sur notre prière. ... See MoreSee Less
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Une Minute avec Marie!

La petite Vierge de Nazareth a une place exceptionnelle dans le plan de salut de Dieu : son destin unique dans l'histoire de l'humanité est annoncé depuis les origines et son œuvre se poursuit jusqu'à la fin des temps.