berlin 1948

Un jour, un exploit Le Pont aérien de Berlin

24 Juin 1948 – 12 mai 1949 :

Le pont aérien de Berlin

Après la capitulation du 8 mai 1945, le territoire allemand est découpé en quatre zones d’occupation.

Berlin est également partagé en quatre, mais la ville se trouve enclavée dans le secteur soviétique. En 1948, les relations entre les alliés d’hier deviennent très tendues et Staline tente de faire pression sur les Occidentaux pour les amener à évacuer Berlin. Le 24 juin, toutes les voies de communication routières, ferroviaires et fluviales sont coupées. Berlin et ses deux millions d’habitants se trouvent isolés du monde et ne peuvent plus être ravitaillés.

Face à ce coup de force, les alliés occidentaux cherchent à éviter un conflit ouvert avec les Soviétiques sans pour autant leur abandonner Berlin.

Les trois couloirs aériens qui avaient été définis après la guerre pour relier Berlin à l’Allemagne de l’Ouest – et qui ne peuvent d’ailleurs être empruntés que par des avions des trois puissances occupantes – ne peuvent être bloqués par les Soviétiques sauf à abattre des avions.

Les Alliés choisissent donc de ravitailler la ville par la voie des airs.

Le défi logistique est colossal. À la différence des Britanniques qui vont utiliser des bombardiers quadrimoteurs adaptés – et même des hydravions qui opéreront sur les lacs de Berlin – les Américains ne disposent pas en Europe d’avions de transport lourds. C’est le bon vieux C47 Dakota (dérivé du DC3 civil) qui reste la bête de somme de l’US Air Force et il ne peut emporter que 3,5 tonnes de fret. Dans ces conditions, il aurait fallu plus de 1 000 vols par jour pour ravitailler la ville ! Et Berlin ne dispose que de deux aérodromes !

La noria se met rapidement en place 24/24 et 7/7. Les Américains font venir sur place une centaine de C54 (dérivé du DC4 civil) qui peuvent emporter trois fois plus que le C47 et le remplaceront progressivement.

Dans une ville qui n’a pas encore été relevée de ses ruines, loin s’en faut, la vie des Berlinois devient vite très difficile : les réserves sont insuffisantes pour passer l’hiver, la famine menace, les arbres sont abattus pour fournir du bois de chauffage. Berlin-Ouest ne dispose pas de centrale électrique et les Soviétiques ne lui fournissent plus de courant. Il va donc falloir en construire une !

Les avions se suivent à 3 minutes d’intervalle en moyenne. Le temps de traitement au sol est réduit à 25 minutes.

Les difficultés sont nombreuses. Outre les conditions météorologiques qui ne permettent pas toujours de maintenir le rythme prévu, les intimidations soviétiques ne manquent pas : tirs rapprochés de DCA et de rafales de chasseurs, projecteurs aveuglants, traversées de corridor devant le nez des avions…

L’approche sur Tempelhof, le terrain en secteur américain, doit se faire en évitant des immeubles élevés.

La construction d’un troisième aéroport à Tegel, dans le secteur français, est réalisée en 3 mois ! Trop lourds pour être transportés par avion, les engins de chantier doivent être démontés et remontés sur place.

On utilise des vols retour pour les évacuations sanitaires et celle des enfants vers l’Allemagne de l’Ouest. Le personnel militaire sur place est insuffisant ; on fait appel à des volontaires allemands en échange de rations supplémentaires. On recrute même des anciens mécaniciens de la Luftwaffe pour assurer la maintenance des avions sur place… Et les avions américains largueront en approche jusqu’à 3 tonnes de chocolat !

Le 12 mai 1949, Staline renonce finalement au blocus qui ne lui a pas permis d’atteindre son objectif.

Pour se prémunir d’un revirement des Soviétiques et constituer suffisamment de réserves, le pont aérien sera maintenu jusqu’au 27 août 1949.

Au bilan, avec 275 000 rotations effectuées, ce seront 2,2 millions de tonnes de marchandises qui auront été transportées, essentiellement de la nourriture et du charbon.

On aura à déplorer la mort d’une quarantaine d’aviateurs britanniques, d’une trentaine d’Américains et d’une dizaine de civils.

La participation française est restée minime comparée à l’importance des moyens mis en œuvre par les Américains et les Britanniques. L’Armée de l’Air ne disposait alors que de moyens limités déjà engagés dans la guerre d’Indochine. 4 Toucans (des Junkers Ju 52 construits dans les ateliers Amiot de Colombes), et 3 Dakotas participèrent au pont aérien. La contribution majeure des Français a été la construction de l’aérodrome de Tegel par le Génie.

La mise en place du pont aérien, l’efficacité de sa réalisation et son succès ont largement contribué à effacer de l’esprit des Allemands le ressentiment qu’ils pouvaient avoir pour des alliés occidentaux qui avaient sévèrement bombardé leur pays pendant la guerre.

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Vous pouvez retrouver sur Internet un film de 10 minutes sur le pont aérien, en anglais malheureusement, mais les images restent intéressantes :

https://archive.org/details/berlin_airlift_TNA/berlin_airlift_TNA.mpg

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