Au Calendrier Législatif…
Faute de temps et de compétences, l’objectif n’est pas de faire ici une analyse exhaustive ni un commentaire du texte de loi qui vient d’être adopté, qui n’est d’ailleurs pas encore arrivé au terme du processus législatif, mais qui pose désormais à chacun d’entre nous une question fondamentale, celle du sens de la vie et de la mort.
Le sujet est délicat, éminemment humain ; il engage notre compréhension de la dignité, de la vulnérabilité et de la solidarité. Nous ne pourrons pas faire l’économie de cette réflexion.
Faire l’autruche n’est pas une attitude raisonnable, surtout pour un chrétien.
Sans ordre aucun, nous vous proposons quelques éléments pour nourrir votre méditation sur cet enjeu de société au-delà des poncifs largement médiatisés pour occulter les conséquences néfastes de cette loi en espérant qu’ils pourront vous aider à discerner dans la prière en vous appuyant sur l’enseignement de l’Église.
– L’euthanasie est une tromperie cruelle qui vise à faire croire que les choses peuvent bien se passer au moment de la mort : « La mort fait peur. Car la mort est le moment de l’interpellation sur le sens de l’existence, tant pour celui qui part que pour ceux qui restent et cela peut être extrêmement douloureux.
D’où ce désir de tourner la page rapidement. Sous prétexte d’adoucir l’effroi de l’homme face à la mort, notre société atténue la force de l’interpellation qu’elle représente pour lui. » – Christian de Cacqueray,
créateur du Service catholique des funérailles.
– Aux cris de détresse, on répond par la mise à mort. Quid de moyens indignes sous prétexte de pouvoir mourir dans la dignité ?
– Les vraies failles sont la solitude et l’abandon qui font perdre à la personne l’estime qu’elle a d’elle-même et détruisent son sentiment de dignité. En témoigne la prière de cette femme : « Seigneur, tu m’as donné la vie. Je n’ai pas toujours conscience de la formidable chance qu’elle m’offre.
Aujourd’hui la maladie m’appelle à changer mon regard sur cette vie et sur moi-même. Mais le regard des autres aussi m’interpelle. Si j’y rencontre la pitié, je me sens diminuée. Si j’y rencontre le rejet, le dégoût, je me sens encore plus seule. Et j’éprouve parfois le sentiment d’être inutile.
Apprends-moi, Seigneur, à voir l’essentiel : Si je regardais comme toi dans les cœurs, là où je ne vois en l’autre que l’hostilité, le jugement, je trouverais la charité et en moi je retrouverais l’espérance.
Change, Seigneur, mon regard sur cette vie que tu m’offres chaque jour ».
– S’engager dans la voie de l’aide médicale à mourir aura pour conséquence de dénaturer la mission des soignants et de fragiliser la relation de confiance avec les patients.
– Administrer la mort, ce n’est pas soulager la souffrance. On ne supprime pas la souffrance, on supprime celui qui souffre.
– Il existe une stratégie sémantique qui a pour objet de préparer les esprits ; il s’agit de gommer le terme « soins palliatifs » au profit de l’expression « aide médicale à mourir. » L’aide est un acte généreux, valorisant, apprécié de celui qui en bénéficie. De même un acte médical a pour objet de soigner, d’apaiser, voire de supprimer la souffrance. Alors, quoi de plus désirable qu’une « aide médicale » ? On enfume les esprits en créant un euphémisme qui permet à l’euthanasie d’avancer masquée. Il s’agit de faire la chose sans en utiliser le mot : on cache la réalité de l’assassinat légalisé.
– Légaliser un « droit de mourir » crée obligatoirement « un devoir de tuer » pour que ce ‘’droit’’ puisse s’exercer. Imposer le droit de choisir sa mort entraîne fatalement – si on peut dire – une dérive vers l’euthanasie. Il ne sera pas possible de refuser une demande de « suicide assisté ».
– Cet officier s’étonne du paradoxe d’une société qui s’horrifie de la mort sur le champ de bataille, mais la planifie dans les hôpitaux : « Il y a un vrai manque de résilience face à la violence qui peut pourtant frapper un pays à tout moment. La moindre goutte de sang effraie, mais à côté, on s’apprête à légaliser euthanasie et suicide assisté ».
– Les critères d’éligibilité à l’euthanasie et au suicide assisté sont tellement vagues que des personnes pouvant parfaitement vivre encore 10 ou 20 ans de plus, pourront en « bénéficier », tandis que le handicap pourra devenir une cause de mort administrée, ouvrant ainsi la voie à un eugénisme d’État.
– Les soins palliatifs disparaîtront inéluctablement si l’euthanasie est légalisée – sauf pour les plus fortunés qui auront les moyens de se les offrir ?
– La clause de conscience est une fausse clause de conscience puisque le médecin sera dans l’obligation de désigner un « tiers tueur » : il sera obligé de se faire complice d’un meurtre. C’est un complot contre la conscience personnelle.
– Les prétendus garde-fous, les soi-disant lignes rouges sont les transgressions de demain.
– Les dérives sordides sont déjà connues : zizanie dans les familles, conflits d’intérêt, pressions économiques et financières. Face à des enjeux sordides, les motivations ne seront pas toutes angéliques.
– Et pour terminer : « Parce que l’homme est seulement l’usufruitier de sa vie, il ne lui revient pas non plus de décider de mettre fin à ses jours ou à ceux d’une autre personne par l’euthanasie qui est aussi une faute grave, la tentation de l’euthanasie est due à une souffrance trop vive, mais il est possible aujourd’hui de soulager la douleur et c’est un devoir de le faire. Cela est différent de l’acharnement thérapeutique qui met en œuvre des traitements extraordinaires pour un maintien de la vie à tout prix de manière inconsidérée.
La tentation du suicide comme celle de l’euthanasie, invite à l’accompagnement humain et spirituel, de ceux qui vivent dans la détresse, morale ou physique.
Le développement des soins palliatifs pour les personnes en fin de vie dans les hôpitaux ou à domicile est une des conquêtes, encore à poursuivre, de cette décennie. » – Catéchisme pour adulte, § 581.
